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Sans avoir la prétention d'apporter des solutions aux obstacles auxquels sont confrontés les pays en développement pour élaborer une EIE, j'ai identifié deux facteurs devant être pris en compte pour améliorer la mise en œuvre de l'EIE dans ces pays.
Tout d'abord, le Conseil de l'OCDE insiste sur l'importance de la formation à l'EIE. Il est essentiel de dispenser des cours de formation aux directeurs de projets, aux cadres supérieurs et à tous les organes de haut niveau responsables d'activités dans les domaines public et privé. La formation existe certes déjà dans les pays en développement, mais elle n'est peut-être pas assez structurée et engagée pour être efficace.
Il faudrait que les différents organismes nationaux qui travaillent dans ce domaine ( directions administratives, universités, départements ) puissent se concerter et échanger davantage d'informations afin de satisfaire une approche pluridisciplinaire. A cette fin, ces organismes doivent avoir du personnel et des spécialistes qualifiés dans la gestion des projets d'EIE. La formation doit pouvoir être dispensée à tous les acteurs qui vont intervenir d'une manière ou d'une autre dans le processus de l'EIE ( conception, préparation, prise de décision ). Ils doivent être suffisamment compétents pour identifier les problèmes liés à un projet spécifique et appliquer une procédure adaptée aux besoins. Tous les aspects associés au processus de l'EIE doivent être pris en compte, qu'il s'agisse des aspects économiques, juridiques, administratifs.
L'OCDE contribue déjà à la formation à l'EIE dans les pays en développement, mais les pays développés pourraient renforcer leur politique d'aide, dans la mesure où, en général, la formation requise est coûteuse et exige beaucoup de connaissances. L'OCDE encourage la formation du personnel des pays en développement dans les pays développés, ce qui se fait actuellement, notamment aux Etats-Unis, au Canada, et en Europe de l'Est et de l'Ouest . Ces derniers pourraient créer des instituts de formation et des centres de recherche sur le territoire même des pays en développement, pour assurer une continuité dans la formation de personnel. En règle générale, la coopération entre les pays développés membres de l'OCDE et les pays en développement membres et non membres doit s'intensifier et se préciser.
Le second facteur d'amélioration de la mise en œuvre de l'EIE est la nécessité d'une cohérence dans la préparation et le processus de l'EIE . En effet, il est important de renforcer la cohérence des politiques et pratiques de l'EIE dans les pays membres, pour leur propre territoire mais aussi en vue de la formation dans les pays en développement. Dans ce but, une étude a été menée et approuvée par le Comité d'aide au développement en 1992. A son issue, il a été constaté que les principes d'EIE des projets et programmes d'aide devaient être améliorés, et que la mise en œuvre des recommandations du Conseil devaient être contrôlée.
Cette étude reprend des points pertinents dans l'élaboration de l'EIE : une approche intégrée de l'environnement dans tous les projets, et en tout cas pour les projets listés dans la recommandation de 1985, la prise en compte de la santé humaine, des écosystèmes ainsi que des conséquences probables pour les populations locales déplacées, les possibles solutions de remplacement d'un projet néfaste par un autre, la prise en compte des lois et des règlements des pays en développement bénéficiaires . Ces différents points requièrent non pas une procédure d'EIE standard, mais une approche et une orientation communes, afin d'éviter que les efforts ne se dispersent et, ainsi, s'amoindrissent.
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