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Réunion au sommet entre les principaux responsables haïtiens et dominicains de la sécurité publique

5 septembre 2005        

Les chefs de police Mario Andrésol et Bernardo Santana Pàez scellent le renforcement de la coopération binationale en vue de combattre le crime organisé et la délinquance

Le directeur général de la Police Nationale d’Haïti (PNH), Mario Andrésol, et son homologue dominicain, le major-général Bernardo Santana Pàez, ont eu un entretien de près de trois heures, jeudi dans un hôtel de la ville dominicaine de Jimanì (environ 50 km au nord-ouest de Port-au-Prince) autour de la lutte transfrontalière contre le crime organisé et la délinquance qui affectent les deux pays.

Deux autres hauts responsables ont également pris part à cette rencontre coordonnée par Carlos Castillo, le consul dominicain à Port-au-Prince : le secrétaire d’Etat haïtien à la sécurité publique, David Bazile et Rafael Ramìrez Ferreira, le numéro un des services d’intelligence des Forces Armées Dominicaines dénommés J-2.

Ce sommet, le premier entre les autorités policières haïtiennes et dominicaines, depuis l’arrivée, tout à fait récente, d’Andrésol et de Santana Pàez à leur poste de commandement respectif , a également permis aux deux responsables d’arrêter un plan de coopération en vue de contrer le trafic de stupéfiants, d’armes, de marchandises et de véhicules volés très intense à la frontière, longue de près de 400 kilomètres, qui sépare les deux pays. Mario Andrésol et Bernardo Santana Pàez se sont particulièrement entendus sur la traque sans relâche des délinquants recherchés pour des cates délictueux commis dans l’un outre des deux pays et qui parviennent à trouver refuge en Haïti ou en République Dominicaine.

Le consul Castillo a assuré que les Forces Armées et les services de renseignement de son pays fournissent de grands efforts afin de contrôler le trafic d’armes et de drogues dans la zone frontalière. Tous les points névralgiques sont attaqués et surveillés de jour comme de nuit, soutient-il.

Dans la foulée, Mr Castillo, totalement en phase avec l’ambassadeur dominicain en Haïti, Jose Serulle Ramìa, a qualifié d’isolés les actes de violence ayant, ces dernières semaines, coûté la vie à plusieurs compatriotes en territoire dominicain. "Ce sont des faits isolés. Je ne pense pas qu’ils vont affecter nos relations avec le peuple frère d’Haïti" a dit Carlos Castillo, dans un élan du cœur qu’on reconnaît très rarement aux diplomates, si prompts à défendre, sans état d’âme, leurs intérêts nationaux.

Malgré des couacs enregistrés sur le front migratoire, à cause des déportations massives de sans-papiers haïtiens vivant en République Dominicaine, la coopération policière entre les deux pays a atteint une efficacité certaine avec notamment l’extradition vers Port-au-Prince de Paul Raymond, un des plus zélés partisans de Jean-Bertrand Aristide, celle également de Jean-Claude Louis Jean, un important prisonnier qui était en cavale à la suite d’une spectaculaire évasion de plusieurs centaines de prisonniers, le 19 février 2004, dans la capitale haïtienne. Il y a deux semaines, une importante cargaison d’armes, en route vers Haïti, a été saisie et deux suspects appréhendés par les autorités dominicaines. spp/RK