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PORT-AU-PRINCE (Reuters) - Des policiers haïtiens ont tué par balles trois rebelles - anciens membres de l’armée - à un poste de contrôle de la capitale, et un autre groupe de rebelles a riposté mercredi en prenant brièvement en otages des policiers.
La mort des deux anciens militaires a fait monter la tension d’un cran entre la police et l’ancienne armée (dissoute par l’ex-président Jean-Bertrand Aristide), qui rivalisent pour contrôler l’appareil de sécurité en Haïti.
Les deux rebelles portaient des tenues de camouflage et circulaient à bord d’un véhicule qui avait été pris aux forces de police et rebaptisé "véhicule de l’armée", a déclaré le commissaire de police Fritz Gerald Appolon. Une patrouille de police les a sommés mardi soir de s’arrêter et a ouvert le feu sur eux parce qu’ils refusaient d’obtempérer.
Les deux rebelles venaient de Petit-Goave, ville du sud que contrôle depuis près de 15 jours d’anciens soldats souhaitant le rétablissement de l’armée, dissoute en 1994 par Aristide.
Un des chefs de la rébellion, Remissainthe Ravix, a condamné la fusillade et ajouté : "Nous préparons une riposte appropriée à ce qui s’est produit."
Quelques heures plus tard, un groupe de rebelles ont tiré sur un poste de police à Hinche, au centre de l’île. Des policiers et des soldats de l’Onu ont riposté, tuant l’un des rebelles, ont rapporté des témoins.
A Petit-Goave, des rebelles ont pris quatre policiers en otages et confisqué leurs armes, mais les ont ensuite relâchés.
Ravix avait combattu aux côtés du chef rebelle Guy Philippe au cours de l’insurrection armée qui a renversé le président Aristide en février dernier.
Ravix a taxé de traîtrise le Premier ministre Gérard Latortue. "Latortue nous avait dit qu’il rétablirait l’armée et satisferait plusieurs de nos exigences. Il a tout simplement fait le contraire. Il semble qu’il n’a pas retenu la leçon de ce qui est arrivé à Aristide", a dit Ravix à Reuters.
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