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Avec la montée de la violence et de la criminalité ces dernières années, la population carcérale a explosé en Haïti, où des milliers de détenus vivent entassés dans des conditions inhumaines, souvent sans même la place de s'allonger pour dormir.
Entre 2003 et 2007, le nombre de prisonniers a doublé passant de 3.500 à près de 7.000, selon des statistiques officielles.
"Les conditions de détention sont exécrables, les structures sont dépassées et ne répondent pas aux normes internationales mais nous ne pouvons pas faire mieux", reconnaît le directeur de l'Administration pénitentiaire haïtienne, Jean Roland Célestin.
Dans un récent rapport sur Haïti, la Commission interaméricaine des droits de l'Homme (CIDH) a dénoncé "la surpopulation carcérale et les conditions inhumaines qui se révèlent être un danger grave pour la sécurité et l'intégrité physique des personnes privées de liberté et aggravent la situation d'insécurité pour la population en général".
La CIDH a aussi exprimé son "extrême préoccupation" face au nombre élevé et persistant de personnes en détention préventive prolongée.
A la prison centrale construite dans la capitale Port-au-Prince sous l'occupation américaine, près de 3.000 prisonniers vivent entassés par centaines dans des espaces exigus.
"Certains détenus dorment debout, d'autres assis ou se couchent en se relayant. Certains (dorment) le matin, d'autres le soir", explique un gardien de prison.
"Nous sommes au courant de la situation et nous tentons d'apporter une amélioration avec les moyens dont dispose le pays", souligne M. Célestin.
Plus de 6.900 personnes croupissent dans 17 centres de détention, dont près de la moitié dans la seule prison de Port-au-Prince.
L'ONU en Haïti a souvent critiqué les conditions de détention et les dysfonctionnements du système judiciaire haïtien, qui favorise la surpopulation carcérale.
La situation s'est récemment aggravée dans les prisons avec l'arrestation de trafiquants de drogue, d'auteurs d'enlèvements et l'arrivée de criminels et de délinquants expulsés des Etats-Unis et du Canada.
"Le profil des détenus a changé, mais les conditions restent les mêmes", regrette M. Célestin, qui déplore également le nombre insuffisant de gardiens: 321 agents pour près de 7.000 détenus, soit une moyenne de 1 pour 12.
Il prévoit le prochain recrutement de 400 nouveaux agents de sécurité, la construction de nouveaux centres ainsi que l'amélioration d'autres. "On est cependant loin de pouvoir répondre aux normes internationales", conclut-il.
Le Canada vient d'octroyer une aide 2 millions de dollars américains pour l'amélioration des prisons en Haïti, où des experts étrangers, envoyés notamment par l'ONU, collaborent avec les responsables haïtiens afin d'améliorer les conditions de détention dans le pays.
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