Oriel Jean en compagnie de son avocat Me Guidy Mamann.
Washington réclame l'extradition d'Oriel Jean

25 mars 2004

L'audience d'Oriel Jean devant la Commission de l'immigration et du statut de réfugié à Toronto s'est conclue de manière dramatique, lundi.

Le chef de la sécurité du président déchu d'Haïti Jean-Bertrand Aristide a été arrêté par des agents de la GRC, qui lui ont signifié que les États-Unis réclamaient son extradition pour trafic de cocaïne.

Oriel Jean et sa femme Bettina ont été placés en détention à leur arrivée à Toronto, mercredi dernier, en provenance de la République dominicaine. Mme Jean a été libérée, mais son mari a reçu l'ordre de comparaître devant les services d'immigration.

Lors de l'audience, l'avocate de Citoyenneté et Immigration Canada, Goudrin Leblanc, a indiqué qu'Oriel Jean a effectué plusieurs voyages au Canada depuis 1989. Elle a réclamé son maintien en détention, citant des allégations selon lesquelles l'homme serait lié au crime organisé et au trafic de drogue, et constituerait un danger public.

Quant à l'avocat d'Oriel Jean, Me Guidy Mamann, il a affirmé que son client avait été interrogé par un membre de l'agence américaine de lutte anti-drogue au cours du week-end. L'agent voulait obtenir des informations sur les trafiquants de drogue en Haïti, et a prévenu Oriel Jean qu'il pourrait devoir faire face à des accusations aux États-Unis s'il refusait de coopérer.

L'avocat a ajouté que selon lui, l'agence américaine de lutte contre la drogue a l'intention de se servir du Canada, de la GRC et du processus d'immigration pour faire pression sur Oriel Jean et l'amener à coopérer.