|
PARIS (AP) - Le Premier ministre haïtien Gérard Latortue a été reçu jeudi à Matignon par son homologue français Dominique de Villepin avant de se rendre à une Conférence internationale sur Haïti organisée ces jeudi et vendredi par l'Union européenne à Bruxelles.
Cette réunion fait suite à celle que la France avait organisée à Cayenne en mars pour mobiliser la communauté internationale et les institutions financières internationales en faveur de Haïti et faciliter le processus de transition politique et de reconstruction. La France participe notamment à la force mandatée par les Nations unies (MINUSTAH), avec 80 gendarmes et policiers déployés sur place, rappelle le ministère des Affaires étrangères.
M. Latortue dirige le gouvernement de transition qui prépare des élections pour décembre, les premières depuis le départ en février 2004 du président Jean-Bertrand Aristide, aujourd'hui en exil en Afrique du Sud.
Le Premier ministre haïtien par intérim a déclaré à Radio France internationale (RFI) que tout serait prêt à temps pour les élections. "Le plus difficile à faire c'est la préparation des listes électorales, or ces listes sont prêtes. Nous avons enregistré plus de 3,2 millions d'électeurs, c'est fantastique, sur un total estimé à 4,2 millions d'électeurs potentiels", s'est enthousiasmé M. Latortue. "De toutes les dates, la seule qui soit incontournable, c'est la date du 7 février", a-t-il assuré, car à cette date "le transfert du pouvoir se fera".
A l'issue de son déjeuner à Matignon, Gérard Latortue a exprimé sa "gratitude" à la France pour son "appui" financier et logistique "considérable" et a demandé à Dominique de Villepin "une assistance particulière de policiers créolophones pendant la période électorale".
Les deux hommes ont également évoqué les possibilités de coopération régionale pour faire face à l'immigration clandestine d'Haïtiens vers les îles française de Guadeloupe et de la Martinique.
Gérard Latortue a invité son homologue à se rendre en Haïti. Dominique de Villepin avait programmé un voyage sur l'île alors qu'il était ministre des Affaires étrangères, un déplacement annulé en raison de sa nomination, en mars 2004, au poste de ministre de l'Intérieur.
"M. de Villepin, c'est quelqu'un qui aime Haïti, qui connaît les problèmes haïtiens. C'est un peu lui qui a déclenché le mouvement qui a produit le changement en Haïti", a affirmé le Premier ministre haïtien.
|