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Au moins 600 personnes ont été tuées par des pluies diluviennes tombées ces derniers jours en République Dominicaine, ont annoncé ce matin les autorités hospitalières de Jimani (sud-ouest), la région la plus touchée par les intempéries. "Les cadavres de 23 femmes, 10 hommes, 26 filles et 17 garçons se trouvent à la morgue de l'hôpital de Jimani", a déclaré son directeur Francis Moquete. "Nous avons décompté 76 morts pour le moment", a-t-il ajouté, soulignant qu'on estimait à plusieurs centaines le nombre de personnes portées disparues. Quatre autres personnes sont décédées à la suite de ces pluies diluviennes en différents points du pays, selon des informations de la Commission nationale des situations d'urgence (CNE).
Les averses ont également provoqué d'importants dégâts aux infrastructures du pays où de nombreuses localités sont isolées par des inondations ou des glissements de terrain et privées d'électricité. Les prévisions météorologiques indiquent que les pluies continueront deux jours de plus.
En Haïti, le bilan s'accroît d'heure en heure. On compte maintenant quelque 130 morts sur plusieurs localités. Un précédent bilan ne faisait état que de 58 morts dans une seule localité. Le plus grand nombre de morts a été enregistré dans la localité de Fonds Vérette, à deux heures de route au nord-est de la capitale haïtienne, où 58 personnes ont perdu la vie, emportées par les eaux en furie.
Cette bourgade et ses environs comptent quelque 45.000 habitants, la plupart agriculteurs. La localité, bâtie sur le lit d'une rivière, avait déjà enregistré des dizaines de morts lors du passage du cyclone George en 1998 et de la tempête tropicale Gordon en 1994. La protection civile a également indiqué que le département du sud-est d'Haïti, frontalier avec la République Dominicaine, avait été le plus durement touché par ces pluies. Treize personnes ont perdu la vie dans la bourgade agricole de Thiotte alors qu'une trentaine d'autres ont péri dans la zone de Mapou Belle Anse. Une trentaine d'autres personnes ont été emportées par les eaux à Grand Gosier.
Les dégâts causés aux cultures vivrières de base (maïs, bananes, millet) qui nourrissent la population locale sont considérables, a souligné la protection civile. Un hélicoptère de la force multinationale intérimaire a décollé ce matin de Port-au-Prince avec à son bord le curé de Fonds Vérette, le père Pierre Etienne Belneau, afin d'estimer les dégâts et d'acheminer les premiers secours. Le père Belneau, qui a pu échapper à l'inondation, était venu lundi à Port-au-Prince afin de donner l'alerte. Il a mis en cause aujourd'hui le déboisement systématique de la région ainsi que la gestion calamiteuse, par l'ancien gouvernement du président Jean Bertrand Aristide, de la période qui a suivi le passage du cyclone George en 1998.
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