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Le bilan matériel est aussi très lourd pour cette région déjà particulièrement déshéritée: des milliers de maisons ont été détruites et près de 250.000 personnes ont été affectées par ces inondations.
Haïti toujours en état de choc près d'une semaine après Jeanne

24 septembre 2004 

GONAIVES (AFP) - Alors que le reflux des eaux et le déblaiement des tonnes de boue amènent à la surface de nouveaux corps, le bilan devrait continuer à s'alourdir. Le nombre total de décès pourrait dépasser les 2.000, a prévenu le responsable de communication au bureau de la Protection civile Dieufort Delorge.

Vendredi matin, les chiffres de la Protection civile haïtienne donnaient 1.160 morts et 1.250 disparus après les inondations et glissements de terrains provoqués par Jeanne.

Le bilan matériel est aussi très lourd pour cette région déjà particulièrement déshéritée: des milliers de maisons ont été détruites et près de 250.000 personnes ont été affectées par ces inondations.

Les secouristes et les équipes d'organisations humanitaires sont à l'oeuvre depuis plusieurs jours pour distribuer l'aide de première urgence aux sinistrés mais ils se heurtent à la désorganisation de la société haïtienne.

Aux Gonaïves, les distributions de l'aide humanitaire donnent lieu à des mini émeutes.

Haïti, pays le plus pauvre du continent américain, est également un Etat totalement destructuré en proie à des rivalités politiques, à des conflits entre responsables et à un manque criant de matériel et d'équipement de secours.

Mais la communauté internationale s'est rapidement mobilisée et l'aide arrive de nombreux pays et d'organisations humanitaires.

La situation devrait commencer à s'améliorer avec la baisse des eaux qui va rendre accessible certaines zones qui jusqu'à présent ne pouvaient être atteintes, ont indiqué des employés humanitaires.

Toutefois, l'avenir reste très préoccupant et, selon Abby Maxman, directeur de l'organisation humanitaire CARE, "80% des gens dans le nord-ouest d'Haïti vont avoir besoin d'une aide d'urgence dans les prochains mois car ils ont tout perdu, maisons, vêtements, récoltes...".

Dans la ville des Gonaïves, où plus de 1.000 morts ont été recensés, la boue a envahi les rues et de nombreux cadavres d'animaux jonchent le sol.

"L'odeur prouve que ce sont des cadavres en état de décomposition", souligne Wolde Saugeron du comité international de la Croix-Rouge.

Les responsables s'inquiètent également de l'état sanitaire du pays surtout après la destruction des installations de purification d'eau et du système des égouts dans la région des Gonaïves.

Ils craignent notamment l'apparition d'épidémies de dysenterie, de paludisme et de fièvres typhoïde qui affecteraient en premier lieu les enfants déjà souvent mal nourris.

Par manque d'eau, les habitants sont bien souvent contraints de boire l'eau qu'ils ont récoltée des inondations, celle-la même dans laquelle ils lavent leur linge.

L'hôpital des Gonaïves a, par ailleurs, était affecté par les inondations et plusieurs centaines de patients alités auraient péri.

Haïti qui souffre d'une grave déforestation avait déjà été frappée par des pluies torrentielles en mai et juin derniers qui ont avec plus de 1.200 morts.