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M. Ridoré a obtenu 11'706 suffrages contre 7914 à Hubert Dafflon. La participation a atteint 35,5%, en nette baisse par rapport aux 47% du premier tour le 1er juin dernier.
Personnalité ambitieuse, Carl-Alex Ridoré avait déjà été tenté par la préfecture de la Sarine il y a deux ans. Après avoir fait acte de candidature, il s'était désisté au profit de son coreligionnaire René Thomet. Celui-ci avait été sèchement battu par le titulaire du poste, le PDC Nicolas Deiss. Mais on connaît la suite. Ce dernier, désavoué par le Conseil d'Etat fribourgeois pour avoir critiqué le laxisme genevois en matière de politique des squats, a claqué la porte avec fracas. Son successeur sera élu par les Sarinois le 1er juin prochain.
Originaire d'Haïti, Carl-Alex Ridoré a en effet acquis la nationalité suisse en 1990. Il se passionne rapidement pour la chose publique, suivant les traces de son père Charles Ridoré, ancien secrétaire romand de l'Action de carême, à Lausanne, lequel fut longtemps un militant actif de la cause démocratique en Haïti. Une île qu'il a quittée en 1965.
Entre-temps, Carl-Alex Ridoré a accompli du chemin. En novembre 2006, il était brillamment élu au Grand Conseil fribourgeois, avant d'être porté, l'année suivante, au perchoir du parlement de Villars-sur-Glâne, la troisième commune du canton. Devenu président des socialistes de la Sarine, le nouveau député s'est rapidement fait remarquer dans l'hémicycle de l'Hôtel-de-Ville. Notamment lors du débat sur le projet de loi cantonal relatif au droit de cité, un sujet qui lui tient particulièrement à cœur.
La dernière préfecture PDC du canton est ainsi tombée dans l'escarcelle du PS. C'est la première fois depuis 1991 qu'une préfecture est à nouveau en mains socialistes.
L'élection du socialiste n'est pas vraiment une surprise. Il avait réalisé un excellent score lors du premier tour, arrivant largement en tête devant Hubert Dafflon (PDC) et Denis Boivin (PLR), qui dernier avait été éliminé d'office.
Alors que M. Ridoré était soutenu par l'ensemble de la gauche, M. Dafflon était bien esseulé. Les radicaux n'avaient pas donné de mot d'ordre à leurs troupes. M. Boivin avait de son côté indiqué à titre personnel qu'il voterait pour M. Ridoré, estimant déterminant qu'il soit juriste contrairement à M. Dafflon.
L'UDC quant à elle n'invitait pas ses membres à se rendre aux urnes ou leur conseillait de voter blanc, les deux candidats ne lui convenant pas, car trop à gauche. Au premier tour, elle avait soutenu le radical.
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