Misik vodou
        Cérémonie du Bois Caïman, dans la nuit du 14 août 1791
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Origine du Vodou

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Click to enlarge Scène de transe durant laquelle la personne est sous le contrôle de l'esprit

Le terme vodou, dans les langues Ewe et Fon du Dahomey (devenu la république du Bénin), signifie esprit, divinité. Si les éléments africains du vodou proviennent de différentes régions, les historiens s'accordent à dire que ses composantes principales viennent du Bénin et du Nigéria. Ce substrat béninois s'est révélé suffisamment fort pour intégrer d'autres éléments provenant des différentes régions d'origine des esclaves tout au long de la période de la traite des Noirs.

Dieu dans le vodou et la peinture haïtienne

Parler de la représentation de Dieu dans le vodou et la peinture haïtienne n'est pas une tâche aisée. Le vodou, en tant que phénomène culturel-religieux, est d'une complexité qui disqualifie d'emblée toute explication simpliste et réductrice que l'on serait tenter de lui appliquer. L'idée que le vodouisant se fait de Dieu manifeste cette complexité, et l'observateur du vodou, trop réducteur ou trop pressé de juger, court le risque de voir Dieu là où il n'est pas ou au contraire, de ne pas le débusquer là où il se cache. Je vais tenter brièvement de vous donner quelques-clés vous permettant de partir à la découverte de Dieu à travers la peinture haïtienne. Rassurez-vous : mon intention n'est pas de vous convertir, n'étant moi-même ni pratiquant, ni croyant du vodou. Je ne suis qu'un observateur, mais un observateur passionné d'un phénomène passionnant. Partons donc, si vous le voulez, à la découverte de quelques facettes de ce phénomène.

Le vodouisant croit en un dieu unique et suprême

La société haïtienne s'est constituée historiquement en fusionnant différents éléments ethniques et culturels provenant de différentes régions d'Afrique, en particulier des aires culturelles fon (Dahomey, le Bénin actuel) et yoruba (Nigeria). Le mot vodou dérive lui-même du terme vodoun qui signifie divinité en langue ehvé et fon. Or ces religions africaines sont elles-mêmes monothéistes, ainsi que l'atteste Lahennec Hurbon, théologien et anthropologue haïtien dans son ouvrage : Dieu dans le vodou haïtien : " La croyance en un Dieu suprême était déjà présente dans les religions africaines et…le vodouisant se réclame nettement du monothéisme ".

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"Le Grand Maître" du peintre et prêtre vodou Hector Hyppolite (1894-1948)

Ce dieu unique, que le vodouisant appelle Bondye ou Granmèt, est considéré comme le Créateur de toutes choses, le principe premier de l’univers. Cependant, pour le vodouisant, ce dieu suprême est conçu comme très éloigné du monde des êtres humains. Il est le créateur, mais non l’ordonnateur ni le régisseur de la marche quotidienne du monde. Il est respecté, invoqué, mais ne fait pas l’objet d’un culte particulier. dieu distant, peu familier, absent des affaires quotidiennes de l’être humain, il ne fait que rarement l’objet d’une iconographie.

Une des rares représentations picturales que l'on connaisse de lui dans la peinture haïtienne est une huile sur carton intitulée " Le Grand Maître " du peintre et prêtre vodou Hector Hyppolite (1894-1948). Le Grand Maître est représenté sous les traits d'un puissant monarque doté de trois yeux et deux nez, flanqué de deux acolytes et tenant entre ses mains une lampe éternelle.

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