Climat : l'ONU tire la sonnette d'alarme

15 décembre 2004

"Les concentrations de dioxyde de carbone dans l'atmosphère continuent de s'accroître", affirme le plus haut responsable de l'ONU pour le climat.

Ces gaz à effet de serre sont considérés comme responsables du réchauffement climatique.

Le plus haut responsable de l'ONU pour le climat a appelé mercredi 15 décembre 2004 la communauté internationale à faire de nouveaux efforts pour combattre le réchauffement planétaire. "Malgré les efforts que nous avons déjà faits, les concentrations de dioxyde de carbone (CO2) dans l'atmosphère continuent de s'accroître, à un rythme qui ne cesse d'augmenter", a constaté Mme Joke Waller-Hunter devant quelque 90 ministres de l'Environnement de la planète.

La Convention climat

La communauté internationale combat l'effet de serre depuis dix ans dans le cadre de la Convention climat, un premier accord international peu contraignant entré en vigueur en 1994, "en s'appuyant sur la science", a-t-elle expliqué.

Elle a réalisé "une performance majeure" en adoptant en 1997 "le protocole de Kyoto, qui va entrer en vigueur dans 63 jours" (le 16 février 2005, ndlr) et qui exige des pays industriels des réductions de gaz à effet de serre d'ici 2012. Mais, a averti Mme Waller-Hunter, "une décennie d'action pour combattre un problème qui va durer pendant des décennies, sinon des siècles, ne peut constituer qu'un premier pas.

Planifier les étapes suivantes s'impose (...) si l'on veut répondre aux défis posés par l'objectif défini par la Convention", c'est-à-dire une stabilisation à long terme de la concentration des gaz à effet de serre.

Mme Waller-Hunter (Pays-Bas) ouvrait le volet ministériel de la conférence de l'ONU sur le changement climatique, qui a réuni 178 pays pendant deux semaines dans la capitale argentine et qui dure jusqu'à vendredi.

Elle a ainsi indirectement pris position dans le grand débat de la conférence qui porte sur l'opportunité de durcir les engagements de Kyoto après 2012, au vu de l'accélération de l'effet de serre.

Le président George W. Bush a jugé Kyoto trop contraignant pour l'économie américaine et a refusé de ratifier l'accord dès son arrivée à la Maison Blanche en 2001. Sa délégation rejette toute discussion de l'après-2012.

Négociations en 2005

Les Européens, comme tous les pays partie à Kyoto, sont tenus par l'accord d'ouvrir des négociations en 2005 en vue de nouveaux engagements après 2012. Ils voudraient anticiper ces négociations officielles, prévues pour novembre 2005, où les Américains ne seront qu'observateurs.

Ils sont favorables à une proposition de la présidence argentine d'ouvrir le débat de manière informelle dès le printemps prochain en y associant pleinement les Américains.

Ils souhaitent aussi impliquer davantage dans l'action internationale les pays émergents comme la Chine, l'Inde et le Brésil, qui ont ratifié Kyoto mais n'ont, comme tous les pays en développement, que des engagements d'inventaire dans le cadre du protocole. Ces pays redoutent d'entraver leur croissance s'ils doivent commencer à maîtriser leurs émissions de CO2 et autres gaz à effet de serre après 2012.

L'organisation de réunions informelles courant 2005 a été débattue mercredi 15 décembre jusqu'à 4h00 du matin par les représentants des pays-clé. Selon des sources des différents camps, le point de vue américain paraissait prévaloir.

Une seule réunion informelle aurait lieu en mai 2005 et non deux comme le souhaitaient les Européens. N'y seraient abordées que les actions entreprises jusqu'à maintenant pour combattre le changement climatique dans le cadre de la Convention. Aucune mention ne serait faite de Kyoto ni de futures actions à envisager après 2012.

Cependant, selon ces sources, la proposition de compromis de la présidence argentine devrait passer aux ministres avant d'être finalisée dans un nouveau marathon nocturne.


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